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Dépistage, diagnostic et cancer du sein - réponses

Chef du comité de Pathologie Mammaire à l'Institut Gustave Roussy, le Docteur Suzette DELALOGE, accompagnée de Marie-Christine QUERTIER, Docteur coordinateur d’IRIS Manche et de MATHILDE Calvados répondent à toutes vos questions sur le dépistage et le diagnostic du cancer du sein.

 

Dépistage

Monique
Avez-vous des conseils pour bien s’auto-palper les seins ?

Marie-Christine QUERTIER
L'autopalpation est recommandée une fois par mois, en première partie de cycle, couplé avec un examen annuel chez le médecin traitant ou le gynécologue. Il est conseillé dans un 1er temps une inspection des seins debout face à un miroir, les bras le long du corps, regardez les seins et notez si une modification récente apparait, y compris au niveau de la peau (plis, crevasses, fossettes...) et des mamelons. Même chose en levant les bras, pour observer des déformations localisées. Il est conseillé de rechercher un écoulement en pressant doucement le mamelon entre le pouce et l'index.La palpation s'effectue en position allongée sur le dos, la main bien à plat sur toute la surface des seins (l'un après l'autre) pour noter toute modification apparue récemment. Il est recommandé de terminer par la recherche de ganglions nouvellement apparus au niveau des aisselles.Il est important d'être attentive aux modifications et de les signaler au médecin traitant et/ou au gynécologue, afin qu'il puisse vérifier votre examen clinique et prescrire s'il le juge nécessaire des examens complémentaires.

Voir le guide d'autopalpation des seins(Pdf : 0,4 Mo)

 

Corinne
Je trouve que tout ce qui est fait pour le dépistage relève davantage d'un but lucratif qu’uniquement une question de santé. De plus quand je vois que toutes les anomalies sont traitées occasionnant des opérations qui ne devraient pas avoir lieu, j'ai moi-même cessé le dépistage automatique tous les deux ans. Je le fait à ma convenance et cela me suffit. Le problème vient surtout des produits cancérigènes que nous avalons et là personne ne fait rien.

Marie-Christine QUERTIER
Le dépistage organisé s'adresse aux femmes âgées de 50 à 74 ans car c'est dans cette tranche d'âge que le risque de développer un cancer du sein est le plus élevé. Le rythme idéal de surveillance est de deux ans. Ces campagnes sont financées par l'assurance maladie et le ministère de la santé. Elles permettent de dépister des lésions qui ne se manifestent pas encore cliniquement, de plus petites tailles. Elles seront soignées généralement par des traitements moins agressifs - donc qualité de vie meilleure pour la femme concernée, et moins coûteux pour l'assurance maladie - et avec une chance de guérison plus importante. Vous évoquez des interventions "inutiles". Sachez que dans le dépistage organisé nous découvrons, dans 90 % des cas, des lésions dites invasives qui sans traitement vont grossir et envahir des ganglions, voire provoquer des métastases. Parmi les 10 % restants de cancers dits in situ, certains pourraient ne pas évoluer mais dans l'état actuel des connaissances, nous ne pouvons pas déterminer quelle tumeur va progresser et laquelle va rester quiescente, aussi toutes seront traitées. C'est une des voies importantes de la recherche actuellement. Concernant les produits cancérigènes et le mode de vie, il est conseillé pour la prévention des cancers en général de consommer des fruits et légumes de saison et locaux, de pratiquer une activité physique régulière, de limiter la consommation de viandes et de charcuteries, de cesser le tabac et la consommation d'alcool... De nombreuses associations militent pour interdire les pesticides et autres produits impliqués.


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Échographie et mammographie

Corinne
Je me pose beaucoup de questions. J'ai 33 ans et depuis un an j'ai détecté un nodule qui se situe sur le sein droit. J'en ai parlé à mon médecin qui m'a prescrit une mammographie, qui m'a été refusée (car vis à vis de la sécurité sociale mon âge ne justifie pas cet examen). Le radiologue se basait uniquement sur des kystes que j'avais. Je lui ai dit qu’il devait se tromper car moi je sentais une "boule" du côté opposé ! Il était étonné et je lui ai montré où elle se trouvait et il l'a sentie, mais n'a rien vu à l'échographie et donc ne il ne prévoit pas de mammographie. Je viens d'avoir un bébé il y a quelques mois et j’ai toujours la boule. J’ai pris un RDV chez un gynécologue qui n'a rien décelé. Cela m'inquiète car ma grand-mère maternelle et une cousine ont eu le cancer du sein. Rien n’avait été décelé. C’est elles qui ont décelé leur grosseur et malheureusement, c'était bien avancé. Dans mon cas, est-ce qu'une échographie suffit et pourquoi ne me fait-on pas de mammographie ?

Suzette DELALOGE
À votre âge on essaie d'éviter de faire des mammographies car elles sont peu performantes et délivrent une dose de rayons X qu'on préfère si possible débuter après 40 ans. Si vous avez une boule palpable dans le sein, elle doit correspondre à quelque chose en échographie, un kyste ou une zone de mastose. Si tout est concordant on ne va pas plus loin. Sinon, une IRM peut être un bon examen à votre âge et il n'irradie pas.

Marie-Christine QUERTIER
L'échographie est souvent proposée chez la femme jeune car les seins sont plus denses et cela évite l'irradiation par les rayons X. Il est difficile de répondre à votre question car nous sommes quasiment dans le cadre d'une consultation. Vous avez déjà été reçue par un radiologue et votre gynécologue. Je ne peux que vous recommander de revoir votre médecin traitant et/ou votre gynécologue pour un contrôle de votre examen clinique (palpation).

 

Madeleine
J'aimerais savoir s’il y a un autre moyen de dépistage que la mammographie qui, pour moi, est très douloureuse (prise de sang, thermographie...) ?

Suzette DELALOGE
Aucun autre moyen n'a fait la preuve de son efficacité. Les prises de sang sont totalement inefficaces, la thermographie a été abandonnée depuis longtemps, l'échographie seule détecte très mal les cancers, l'IRM seule a beaucoup d'inconvénients aussi. La mammographie fait potentiellement mal, effectivement. Peut-être prendre un peu de paracétamol avant ? En parler au radiologue pour trouver la meilleure façon possible de ne pas vous faire mal ?

 

Valérie
Le dépistage du cancer du sein par mammographie est-il efficace ?

Dominique THIRRY, Association Juris Santé,
Ce dépistage est particulièrement efficace pour détecter les calcifications. Le radiologue peut l’associer à une échographie dans le cas où le sein est très dense. En cas d’image suspecte, le médecin pourra compléter cet examen par d’autres. 

Gisèle LERCH, Association "Vivre comme Avant",
Oui, la mammographie est l'un des examens qui permet de détecter les plus petites anomalies. De plus l'objectif du dépistage est de découvrir la maladie le plus tôt possible, car plus le diagnostic est précoce, plus les chances de guérison sont grandes. Dépister ce cancer au plus tôt permet ainsi de le traiter efficacement, avec des traitements moins lourds. En France, le programme de dépistage organisé du cancer du sein est désormais généralisé à partir de 50 ans car il s'agit d'un véritable enjeu de santé publique.


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Traitement et taux de guérison

Fabienne
Quelles sont les dernières découvertes en matière de traitement du cancer du sein ? Le taux de guérison est-il en augmentation ?

Suzette DELALOGE
Les taux de guérison augmentent lentement mais surement depuis 20 ans ! Les dernières avancées sont des traitements moins lourds, plus de chirurgies moins « délabrantes », des traitements ciblés et plus efficaces à tous les stades, de la médecine personnalisée intégrant les données génétiques de la personne et la tumeur...

 

Jocelyne
Dépistage et diagnostic certes, mais j'aurais aimé vous questionner sur les traitements. En particulier hormonaux, post-cancer, type Femara qui entrainent douleurs, fatigue, chute des cheveux, absence de vie sexuelle… Et qui sont désormais prescrits, non pour 5, mais 10 ans. N'y a-t-il pas d'autres solutions moins invalidantes pour éviter les récidives ?

Suzette DELALOGE
Pour l'instant il n'y a pas de solution de substitution aux hormonothérapies. Nous espérons dans le futur le développement d'autres traitements moins toxiques. Ces traitements sont prescrits pour 5 à 10 ans selon le cancer initial. Ils permettent d'éviter environ 65% des rechutes, c'est beaucoup... les solutions consistent parfois à essayer d'autres anti-aromatases, ou à trouver des médecines complémentaires aidant à les tolérer, selon les effets secondaires présents.


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Diagnostic

Adeline
J’ai passé une mammographie début septembre. Les résultats revenus : le sein droit est en acr2 l'autre acr4. On m’a dit d’aller rapidement à l'institut, j’ai donc pris rendez-vous mardi pour une biopsie. Est-ce que ça dit bien que j’ai un cancer ou pas en sachant que j'ai fait un abcès au sein en mai 2015 et que depuis je suis toujours en soin car il ne se referme pas, s'enflamme pratiquement tous les mois et il faut rouvrir, irriguer, drainer, mécher ? Merci de vos réponses, pour vous est-ce un cancer ou pas ?

Suzette DELALOGE
Pour moi ce n'est pas forcément un cancer, mais seules les biopsies le diront. Vous avez sans doute ce que l'on nomme une mastite granulomateuse. Cela peut parfois être lié au tabac ou d'autres fois sans cause retrouvée. ACR4 signifie qu'il y a une image pas claire, nécessitant une biopsie, mais dans 40-80% des cas cela peut être bénin. Mais bien sûr il faut vous voir, voir les images, pour en savoir plus.


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Accès à un oncogénéticien

Sylvie
Je voudrais connaître les conditions pour accéder à un oncogénéticien. Ma soeur et ma cousine du côté maternel sont décédées des suites d'un cancer du sein. Ma gynéco m'a prescrit des examens en alternance avec la mammographie de dépistage mais ne m'a pas orientée vers un oncogénéticien. Je m’interroge. Cela permettrait peut-être de m'éviter des examens ou au contraire d'accéder à la prise en charge de ces examens par la sécurité sociale.

Suzette DELALOGE
Il faut faire au plus simple le score d'Eisinger dans la famille, vous le trouverez sur le site de l'Institut National du cancer. Cela dépend beaucoup de l'âge au diagnostic chez votre soeur en particulier. Ensuite vous pouvez trouver les coordonnées d'oncogénéticiens dans l'annuaire du groupe génétique et cancer. La plupart du temps, pas d'indication de tests génétiques car les cancers du sein sont fréquents et le plus souvent "sporadiques" soit non liés à une prédisposition.


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Pilule et cancer du sein

Lilie
Je prends la pilule depuis que j’ai 16 ans, et j’en ai actuellement 35. Est-ce que la prise de cette pilule depuis de nombreuses années peut favoriser le cancer du sein ?

Suzette DELALOGE
La pilule en durée très prolongée pourrait légèrement augmenter le risque de cancer du sein. Cela fait effectivement plus de 15 ans pour vous. On peut vous conseiller de discuter avec votre gynéco du rapport bénéfice / risque à continuer la pilule ou plutôt opter pour un autre mode de contraception, par exemple le stérilet... Cela dépend aussi du type de pilule. Une conversation à avoir avec votre gynéco à la prochaine visite !


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Suivi des risques

Ptitmousse
J'ai été opéré de 2 kystes mammaires, un de chaque côté, à l'âge de 29 ans et 10 ans après je n'ai pas d'autres examens que la palpation. Des antécédents dans ma famille : tantes et cousines. Est-ce que je fais partie du public à risque? À partir de quel âge je vais avoir un suivi régulier? Merci

Suzette DELALOGE
À priori vu ce que vous décrivez, il semblerait pertinent que vous ayez une mammographie tous les 2 ans à partir de 40 ans. D'autres facteurs peuvent aussi entrer en ligne de compte pour définir votre suivi.

 

Mana
J'ai 37 ans et j'ai fait une hystérectomie il y a 2 ans. J’aimerai savoir s'il y a plus de risques d’avoir un cancer du sein dans mon cas ?

Suzette DELALOGE
Non aucun sur-risque particulier dans votre cas sous réserve de la raison de votre hystérectomie.



Nos partenaires

Premier centre européen de lutte contre le cancer, Gustave Roussy est un centre de soins, de recherche et d'enseignement, qui prend en charge des patients atteints de tout type de cancer.

IRIS Manche a été constituée pour organiser le tri-dépistage des cancers dans le département de la Manche. Cela comprend le cancer du sein, mais également le cancer colorectal et le cancer du col de l'utérus.

MATHILDE est une association pour le dépistage des maladies du sein, du colon et du rectum. Elle a pour but de définir, promouvoir, organiser et suivre le dépistage des cancers pour la population du Calvados. Aujourd’hui, deux dépistages sont concernés : celui du cancer du sein et celui du cancer colorectal.



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